Mes enfants grandissaient et la vie continuait. Ma fille devenait une
adolescente rebelle, contestataire défiant toute autorité et mon fils un
merveilleux petit garçon doux et tendre que son papa continuait de choyer.
C'était tellement plus facile d'aimer un enfant gentil qu'une adolescente
insolente.........................!!!!!!!! malgré toutes mes interventions,
toutes les conversations et toutes les promesses faites, mon mari montrait de la
bonne volonté à essayer de créer une relation avec ma fille mais ça ne durait
pas...échec et mat! chaque fois, à la moindre petite étincelle, un incendie
éclatait...... Je me sentais impuissante. J'aimais mon mari et mes 2 enfants et
je souhaitais que nous ayons une vie de famille des plus heureuses. Je rêvais et
je voulais tant y croire!!!! mais plus le temps passait et plus je vivais dans
la tristesse, la culpabilité et la crainte parce que le fossé entre mon mari et
ma fille s'étendait entre mon mari et moi....la vie devenait un vrai "calvaire".
Après bien des réflexions, des pleurs et de la souffrance...
Il y a eu divorce. Ce n'est pas ce que je souhaitais. On ne souhaite jamais un
divorce, on va jusqu'au bout de nos forces, de nos croyances mais...c'était
vide! Pour des raisons xyz, nous avons vécu tous ensemble les derniers six mois.
Je ne recommande cela à personne!
Quand je suis sortie de la maison, j'étais comme une paralysée qui essaie de
réapprendre à marcher, réapprendre la vie. Je devais me rebâtir tout en essayant
de faire en sorte que mon fils ne soit pas trop affecté. Pour ma fille c'était
enfin la "libération"...

Juillet 1998: Après juste quelques jours de mon départ de la maison, je commence
à avoir de bizarres de symptômes. Je découvre du sang dans mon urine, je dors
partout, je suis continuellement fatiguée, j'ai toujours soif. Je crois que ce
sont mes nerfs qui lâchent après la séparation. Mais les symptômes persistent et
sont de plus en plus présents. Je crois savoir ce qui m'arrive et je n'y crois
pas. Je consulte mon "néphrologue" de l'hôpital, Hôtel-Dieu de Québec et le
verdict tombe...."Lise, tu seras en dialyse dans quelques mois, tes reins ne
suffisent plus, il leur faut de l'aide!" Je me dis:"Ça y est nous y
voilà....déjà!"
Je savais qu'un jour ça viendrait. Oui, je le savais depuis longtemps mais on
espère toujours que ce sera tard le plus tard possible, on espère que la vie
nous épargnera. Mais comme la vie nous rattrape. Même en fermant les yeux, elle
est là et le temps poursuit sa route et joue son rôle. Ai-je bien compris? ne
puis-je avoir un sursit? je viens de me séparer, je ne peux avoir un peu de
tranquillité d'esprit? il semble que non.
Septembre 1998: Me voici à passer toute une batterie de tests pour être sur la
liste de greffe car je dois être en bonne santé pour y être inscrite. Quelques
jours après ces tests, le téléphone sonne chez-moi et on me dit qu'il y a un
donneur pour moi. Un donneur? déjà? Je n'ai même pas fait de dialyse....Je me
rends à l'hôpital et j'attends...mais finalement je n'ai pas eu le rein parce
qu'il n'était pas assez beau....j'aurais eu trop de problèmes. Donc ce serait
pour une autre fois.Je suis retournée à la maison avec mon beau rêve sous le
bras. Il se réalisera un autre jour...
Novembre 1998: J'entre à l'Hôpital, je vais subir une intervention pour avoir un
beau petit tube dans mon ventre. "Un cathéter". J'ai choisi la dialyse
péritonéale parce qu'elle se fait à la maison. J'ai la garde partagée de mon
fils et je travaille. Vais-je passer 3 soirs par semaine en hémodialyse et ne
pas voir mon fils les semaines où il est avec moi? non!!! Je veux être le plus
souvent possible avec lui alors je choisis donc la dialyse la plus logique pour
moi.
Décembre 1998: Je commence à apprendre le fonctionnement de cette dialyse. Je
suis positive malgré toute l'angoisse que je vis. C'est mon traitement de
survie. Je le sais! On me laisse passer Noël sans dialyse mais tout de suite
après, je dois recommencer....date officielle de la dialyse: 29 décembre 1998.
Je passe mes journées avec le ventre gros comme un ballon. La dialyse
péritonéale consiste à envoyer en moyenne deux litres de liquide dans l'abdomen
qui demeure là en permanence. Il y a des échanges de liquide mais il y a
"toujours" du liquide. Alors, je porte des vêtements de maternité. Je n'ai pas
le choix, ce sont les seuls qui me font!!!!!!
A travers tout ce remue-ménage dans ma vie, j'ai fait la connaissance d'un homme
charmant qui m'a beaucoup épaulée dans mon aventure. Il m'a aimée avec mon tube
et tous les à côtés de la dialyse. J'étais à Québec, lui à Sherbrooke et on se
voyait aux deux semaines. Il a mis du "baume" dans ma vie.
Avril 1999: Je subis une opération. La dialyse péritonéale avec son liquide dans
mon abdomen a fait quelques dommages et on doit m'enlever l'utérus et me
replacer d'autres "petites affaires".
A la suite de cette opération, je décide avec les médecins d'apprendre la
dialyse de nuit avec le "cycleur". Ce sera beaucoup mieux pour moi et pour ma
santé. Un nouvel apprentissage que j'envisage de façon très positive. Me voici
donc de nouveaux à l'hôpital où on m'apprend cette nouvelle technique. Cinq
jours plus tard, me voici prête à rentrer chez moi et à me "connecter" toutes
les nuits pendant huit heures! Les nuits sont plus mouvementées mais les
journées libres. Et le ventre, revient à la normale, wow!
Je continue à travailler mais c'est de plus en plus difficile. L'énergie est
moins présente je trouve la tâche plus lourde. J'essaie de ne pas lâcher.....
mon hémoglobine est basse, je dois me faire des injections de ce qu'on appelle "Eprex"...
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